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Un bateau de pêche nommé le Gascon

Un filet de pêcheur en premier plan d'un panorama du Bassin

Une maison singulière

Erosion et trait de côte.

Dans ce cycle géologique, où la pointe du Cap Ferret évolue en gagnant et perdant sur l’océan, la presqu’île voit son « jardin » s’agrandir ou disparaître, au rythme de l’érosion naturelle. Le site de l’ancien restaurant d’Hortense, dans les « 44 Hectares », en est un parfait exemple. En effet, toute une frange du littoral est déjà tombée à la mer avec des maisons qui se retrouvent aujourd’hui enfouies au fond du chenal, à vingt mètres de profondeur. C’est la raison pour laquelle la pointe est sujette à polémique, car chaque année elle évolue et se modifie. Depuis 1977, la pointe du Cap Ferret recule de un à dix-huit mètres par an, surtout après les grandes marées d’équinoxe, aux mois de septembre et de juin.

Blockhaus En parallèle, le trait de côte a, lui aussi, tendance à reculer face à l’érosion marine importante et régulière. Ainsi, en Aquitaine, la côte recule d’un à cinq mètres par an, de même que la dune du Pilat. Il suffit, pour s’en rendre compte, d’observer les blockhaus du « Mur de l’Atlantique », qui avaient été positionnés en haut des dunes, à deux cents mètres de la mer; ils n’ont jamais vraiment bougé et se retrouvent maintenant les pieds dans l’eau. On revient vers un schéma se rapprochant de la période gallo-romaine, où le climat était plus chaud et la mer montait à un mètre et demi au-dessus du niveau actuel.

Après la Seconde Guerre mondiale, une reprise intensive de l’érosion éolienne, en l’absence de dunes fixées, accéléra l’avancée des sables sur la façade atlantique. Quand on sait qu’un vent de quarante-cinq kilomètres heure déplace trois cent grammes de sable par mètre cube, on peut tout à fait imaginer les quantités de grains fouettant l’air, quand il souffle à cent quatre-vingt-huit kilomètres heure*. En 1953, après trois jours de tempête, « la Maison de la mutuelle des enfants du spectacle », à côté de l’actuel rond point du sémaphore au Cap Ferret, fut en grande partie ensablée. Aujourd’hui, ce bâtiment est complètement enseveli sous les dunes.

On constate à présent que c’est l’érosion marine qui pose des problèmes. En effet, suite à l’effondrement du « quai des courlis » à la pointe de la presqu’île – le 27 décembre 2000, en pleine nuit –, toute une plage a disparu, avalée par les eaux, lors d’un glissement de terrain. Quand, après la tempête, le soleil revenu se réfléchit sur ces longues plages de sable fin, on oublie vite la dynamique de ces lieux et la puissance des éléments qui les régissent.

* Enregistré au sémaphore du Cap Ferret pendant la tempête de décembre 1999.

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