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De même que pour les reptiles, tous ces animaux au sang froid
craignent les hommes. Il est vrai que nous sommes nombreux à
avoir surpris une vipère, ou une couleuvre, prenant le soleil, au risque
de voir resurgir cette peur phobique et ancestrale que notre société
occidentale cultive pour les serpents. Ils sont pourtant peu nombreux à
présenter un réel danger, car dénués de venin. Par
contre autour du Bassin, il est possible de rencontrer la Vipère aspic
(Vipera aspis), ce serpent venimeux que l’on peut croiser, étendu
au soleil, à proximité d’une haie touffue. Il est plus
facile en revanche de surprendre une Couleuvre verte et jaune (Coluber viridiflavus),
même si elle est plus rapide à déguerpir. Cette dernière
est plus grande et plus agressive que la vipère, bien qu’elle soit
inoffensive en l’absence de venin. Elle est l’une des couleuvres les
plus virulentes et peut se dresser en soufflant, mordre sévèrement,
et fouetter son agresseur avec sa queue. Elle chasse à l’affût
et tue par constriction.
On pourrait tomber, par chance, dans les chênaies au nord de la presqu’île,
sur une Couleuvre d’Esculape (Elaphe longissima),
une des plus grandes couleuvres d’Europe, très souvent arboricole.
Posée dans les branchages, de couleur verte uniforme, elle prend le
soleil nécessaire à tous les reptiles, pour emmagasiner
l’énergie propre à sa survie. Il se dit qu’en
traversant des broussailles, on peut se retrouver avec la couleuvre en
collier. C’est elle que l’on trouve sur le caducée,
en hommage à Hippocrate et à Asclépios, le dieu
grec de la médecine – Esculape en Romain – qui prônaient
les vertus médicinales du venin de serpent.
Un peu plus au nord, le long du canal des Etangs, la présence de
la Cistude d’Europe (Emys orbicularis), une petite tortue aquatique
de couleur « vase » tachetée de jaune, hiberne au fond
des rivières et des étangs. Cette discrète prédatrice
aquatique se dissimule, immobile, au milieu des herbiers, et chasse à
l’affût. Elle possède une longue queue effilée et de
longues griffes, adaptées à la nage et à son milieu naturel.
On peut l’observer, le matin, sur le canal des Etangs, en train de prendre
le soleil sur une branche au bord de l’eau; mais attention, au moindre bruit,
elle plonge et disparaît. Elle subit la concurrence de la Tortue de Floride,
récemment importée de Louisiane pour être vendue et mise en
aquarium, leurs propriétaires les relâchant quand devenues trop grandes.
Plus agressive et plus puissante que la cistude, elle possède la même
niche écologique et met en danger sa population, prenant la place de la tortue
indigène. De plus, les jeunes tortues cistudes, immatures, à la carapace
encore molle, subissent la prédation de certains oiseaux, comme les Hérons
cendrés. Depuis quelques années les cigognes s’installent sur le
Bassin d’Arcachon, et se régalent des jeunes populations de cistudes,
au risque d’en diminuer les effectifs.
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