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Cet écosystème est donc séparé en
plusieurs parties, dont la première est constituée
par la plage et le haut de plage. C’est le milieu le plus
agressé, où tapent les vagues, et se dépose
la laisse de mer, ainsi que les déchets issus de l’océan
Atlantique. Les vents glissent ensuite vers une première dune
embryonnaire séparant la plage du cordon dunaire. Cette partie,
colonisée par le Chiendent des dunes, le Cakilier maritime et le
Liseron des sables, prépare la progression vers la dune blanche.
Elle est dite « blanche », car le sable n’y est pas
encore suffisamment fixé, et seule une végétation éparse
y pousse, laissant ainsi une grande partie du sable nu. Elle domine sur l’océan
et le continent; c’est le royaume de l’oyat et du Panicaut maritime, dont la fleur,
aux reflets bleus violets, représente le logo
du « Conservatoire
de l’espace littoral et des rivages lacustres(Lien externe) ». On y trouve également
le Gaillet des sables qui rampe discrètement, déployant ses multiples petites
fleurs jaunes, aux côtés de l’Euphorbe maritime, dressée et élancée.
Ces deux premiers étages du système dunaire imposent
des conditions difficiles à la flore et à la faune. La
situation y est similaire à certains déserts, et les
plantes y sont complètement adaptées, supportant le
sel et limitant leur évaporation. Les feuilles de l’oyat,
par exemple, sont enroulées pour limiter la surface exposée
au soleil. En réduisant ainsi l’évaporation,
elles économisent leurs réserves en eau. Le Diotis
maritime, le Pavot cornu et la Giroflée des dunes, sont
couverts de poils pour limiter l’évaporation, tout
en récupérant un maximum d’humidité.
Le Liseron des sables se répand, en laissant de larges feuilles
qui récupèrent la rosée du matin. De plus, la
plupart des plantes possèdent des racines pivotantes, profondes
ou rampantes, pour éviter le déchaussement et
récupérer l’eau. Les racines de l’oyat
et de l’Euphorbe maritime peuvent descendre jusqu’à
trois mètres de profondeur. A noter aussi la présence
privilégiée de la Linaire à feuilles de thym,
que l’on croise parfois sur les bords des chemins d’accès
aux plages. C’est une toute petite plante, aux fleurs jaunes prédominantes
en grappes terminales, formant de petits tapis sur le sable. Inexistante sur le reste de
la planète, elle est endémique au littoral atlantique français.
Elle est protégée au niveau national et incluse dans le « Livre
rouge » de la flore menacée en France.
Derrière la dune blanche, protégée des vents dominants, arrive le domaine de la dune grise. Ici, la flore est plus variée et nombreuse que dans la dune blanche, elle colonise pratiquement tout le substrat disponible, à l’exemple des mousses* et des lichens. En effet, ces derniers se répandent sur le sable plus stable et se rajoutent à la flore générale, ce qui donne à la dune une teinte plus terne et grisâtre. On imagine tout à fait les anciens chevaux sauvages y pâturer en toute sérénité, en harmonie avec le paysage, comme au pays des Tartares, vers des steppes plus lointaines.
La dune grise est le lieu de prédilection de l’Immortelle
des dunes, une plante cotonneuse aux fleurs jaunes et odorantes.
L’immortelle ne supporte pas l’ensablement, et indique si
le sol est relativement fixé. Ramassée pour confectionner
des bouquets, elle continue à subir le prix de son immortalité;
son ramassage est interdit, au même titre que l’accès à
la dune grise, les plantes étant très sensibles aux piétinements.
On retrouve à côté de l’immortelle, l’Armoise de Lloyd
et d’autres plantes plus colorées comme la Jasione
maritime ou l’Orpin brûlant. Ce dernier était
autrefois utilisé comme détersif. Dans les lettes
dunaires, plus ou moins humides, différentes orchidées
peuvent venir s’installer pour le plus grand bonheur des insectes
butineurs. L’Epipactis des marais, une magnifique orchidée
sauvage, a déjà été observée à la pointe du Cap Ferret.
Entre dune grise et forêt de protection, on trouve des plantes
plus forestières, adaptées au sable et à l’acidité
du sol. La présence du Pin maritime participe à la formation d’une
litière forestière, constituée en grande
partie d’aiguilles de pins. Celles-ci possèdent un
antifongique, limitant la dégradation de la litière
en humus. Le sol se retrouve plus acide, et seules des plantes
adaptées peuvent y pousser. Une des plus communes,
le Ciste à feuilles de sauge pousse sous les rayons
du soleil, avec ses fleurs jaunes et blanches similaires à
des œufs au plat, très faciles à reconnaître.
La Solidage verge d’or fleurit beaucoup plus tard en arrière s
aison; elle possède la propriété de soulager les
douleurs rhumatismales et arthritiques.
*Les mousses forestières préfèrent l'ombre et l'humidité. Une mousse appelée Tortulla a la spécificité de se dessécher au soleil pour reprendre vie à la moindre rosée. Elle se gonfle vite en eau pour retrouver rapidement un éclat vert vif larmoyant, comme pour un premier jour de printemps.
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