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Une hippocampe

La flore forestière

On trouve habituellement trois différentes « landes » sur le plateau landais. Elles imposent leurs particularités selon les variations d’humidité et le taux d’ensoleillement. On les différencie par le nom de la plante qui les caractérise le mieux, la lande à Molinies bleues, la lande à Fougères aigles et la lande à Bruyères cendrées.

Ajonc d'Europe en fleurs La fougère aigle, une des plus communes sur la planète, témoigne d’un sol ni trop humide, ni trop sec en milieu acide. Elle a la caractéristique de posséder un rhizome (sa racine), qui repousse après les feux de forêt, puisque les frondes sont annuelles. La lande à bruyères est la plus ensoleillée des trois. La lumière vient s’y réfléchir sur les fleurs roses, violettes de la Bruyère cendrée, dont les étamines sont plus longues que les pétales. Cette petite plante mellifère est un véritable paradis pour les papillons, abeilles et autres insectes. Cette lande est la moins accessible car piquante et épaisse ; les ajoncs et les ronces repoussent le visiteur pour mieux protéger la faune qui s’y repose. Il est pourtant plaisant d’aller y cueillir des mûres, sous le soleil de septembre.

Bruyere La Bruyère à balais ou « la brande », la plus grande de nos latitudes – jusqu’à trois mètres de haut – servait à fabriquer des palissades et des haies de protections pour les jardins et les parcs à huîtres ; elle est encore largement utilisée, malgré ses qualités inflammables et dangereuses pour la pinède. Ses racines étaient parfois utilisées comme combustible. Nombreuses de ces plantes ont été utilisées par les hommes, dont les druides et les sorcières, les guérisseurs et les rebouteux, notamment les plus toxiques, telle que la Morelle noire, étaient employées dans les remèdes de sorcières, selon des dosages précis ; de même pour le datura, également utilisé sur d’autres continents. Ces plantes contribuaient à soigner certains maux, mais elles pouvaient tout aussi bien droguer ou empoisonner une personne. L’empoisonnement était une pratique courante au Moyen Âge.

Un genet a balais Le Genêt à balais, qui eut un rôle important dans l’histoire de la Lande de Gascogne, possède un alcaloïde – la spartéine – utilisé dans certains traitements de maladies cardio-vasculaires. Autrefois, les moutons s’immunisaient contre les vipères en le broutant. Mais attention, cela reste un poison pour l’homme. Une fois coupé, le genêt pouvait, par ailleurs, être employé pour la pêche aux crevettes. Attachés par la base à une corde tous les deux mètres, ils étaient placés à l’envers, et posés, tel un filet de pêche, entre deux eaux. Le temps de la marée, les crevettes venaient s’y regrouper et se retrouvaient plus tard dans les assiettes. Les pieds de genêts servaient aussi pour recouvrir et retenir le sable dans les dunes, faisant office de couverture sur le sol, entre les semis. Si les boutons floraux pouvaient être consommés en salade, les fleurs, une fois ouvertes, étaient utilisées pour faire des teintures.

Sous les bois, à l’abri du soleil, une moquette de mousses, véritable réserve d’eau, s’étale sur le sol. On retrouve principalement trois mousses caractéristiques de la pinède, la Dicrane en balai (Dicranum scoparium), l’Hypne de bruyère (Hypnum cupressiforme), et l’Hylocomie brillante (Hyloconium splendens).

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