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Fleur de cakilier

Une rainette

La loutre et la genette

La Loutre commune (Lutra lutra) :

Loutre La Gironde est l’un des rares départements où l’on peut encore la trouver. Avec son mètre soixante de long, trente centimètres de haut au garrot et ses seize kilos, elle était le grand prédateur des rivières, des lacs et des étangs, un peu partout en Europe. Très prisée pour sa fourrure, elle fut largement chassée, à l’image des mustélidés européens, comme le Vison d’Europe. D’abord chassée, puis empoisonnée par les pollutions (bioaccumulation) issues de l’agriculture intensive, elle a vu son habitat diminuer, puis disparaître au profit des aménagements des zones humides. Aujourd’hui protégée, elle est nocturne et crépusculaire, et fuit la présence humaine. Elle évolue entre les étangs médocains et le Bassin d’Arcachon, longeant entre autre le canal des étangs, où l’on peut trouver des traces sur les petites plages de sable. Très joueuse, elle s’amuse avec sa portée annuelle dans les étangs. Elle nage parfois sur le dos, en ouvrant, à l’aide d’un caillou, des mollusques sur son ventre.
On peut la surprendre, tôt le matin, dans la lagune de Conteau sur la commune d’Hourtin. Redoutable chasseur de poissons, elle file da ns l’eau avec un hydrodynamisme parfait, grâce à un pelage complètement adapté. De retour dans sa catiche, sa discrète maison, elle y passe la journée, attendant le crépuscule, pour repartir en chasse. Sa catiche est dissimulée sous une souche d’arbre, au bord de l’étang, où est emprisonné un espace aéré et protégé des curieux. Aussi agile dans l’eau qu’une otarie, elle se cache, comme les castors et les ragondins, en se dissimulant sous l’eau pour accéder à sa maison. De la même façon que pour le Cormoran huppé, au Japon, ou encore les dauphins en Mauritanie, la loutre est, par endroits, domestiquée par les hommes, pour la pêche; à l’exemple de l’Inde, où elle est utilisée en rivière pour pousser les poissons dans les filets.

La Genette commune (Genetta genetta) :

Genette De la famille des mangoustes et de l’ordre des viverridés, cette élégante genette, carnivore très souple au museau effilé, aurait été introduite « officiellement » au XIIIe siècle, en provenance du Moyen-Orient. Mais il semblerait plutôt, comme le pensait Robert Hainard*, un célèbre naturaliste, qu’elle soit arrivée naturellement par le détroit de Gibraltar, depuis le Maroc, où elle est assez commune. Au Moyen Âge, elle était largement utilisée par les Sarrasins, dans la péninsule ibérique, pour chasser les rongeurs; au même titre que les furets et les fouines dans les campagnes françaises. Egalement présente dans les châteaux médiévaux, comme nous le montrent de nombreuses tapisseries et tableaux, elle fut supplantée par le chat domestique beaucoup plus docile, à partir du XIIIe siècle au retour des croisades. Plutôt ibérique et méditerranéenne, elle fut stoppée dans sa progression par le tracé de la Loire au nord, e t du Rhône à l’est. De nombreuses exceptions ont été observées, notamment dans le Jura. Plus tard, elle fut chassée à l’état sauvage pour sa fourrure, avant d’être protégée à son tour, en 1972.
De mœurs essentiellement nocturnes, elle vit en solitaire ou en couple, se dissimulant la journée dans les feuillages d’un grand arbre, ou dans une de ses cavités. Très arboricole, elle chasse aussi au sol les rongeurs comme les mulots et les campagnols. Très rapide et agile, au corps allongé, elle s’adapte facilement à son environnement, même si, pour fuir les hommes, elle reste parfois perchée en haut d’un arbre, sans bouger, croyant être protégée et camouflée. La tonalité générale de sa fourrure est plutôt jaune grisâtre, tachetée de noir en lignes horizontales, avec une longue queue épaisse annelée de noir. Facilement reconnaissable, elle mesure environ quatre-vingt-dix centimètres de long, avec sa queue, pour un poids de un à deux kilos. Si la martre et la fouine se ressemblent, il est aisé de reconnaître une genette, ou les traces de son passage; elle laisse de très longues crottes, souvent déposées au même endroit, sur un caillou en bas d’un arbre, sur le toit d’une cabane ou encore sur un observatoire de chasse. Aujourd’hui, elle est l’un des plus gros prédateurs de nos latitudes et de nos forêts, tout comme le renard.

* Robert Hainard était un artiste naturaliste qui se passionna pour les mammifères au siècle dernier.

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