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Une hippocampe

Fleur de cakilier

Les plantes médicinales et les champignons comestibles

Depuis l’apparition de l’homme, la plupart des sociétés tribales ont, jusqu’à l’aube du XXIe siècle, utilisé de nombreuses s ubstances aux multiples vertus, offertes par le milieu naturel. Les amérindiens, par exemple, récupéraient sur les glandes dorsales de certaines grenouilles, aux couleurs éclatantes, de puissants venins pour mettre sur les flèches destinées à c hasser le gros gibier; les chamanes, eux, utilisaient des spores de champignons pour guérir des plaies infectées. Partout sur la planète, l’homme a en partie survécu grâce aux propriétés médicinales de produits récupérés sur des reptiles, des poissons, des mammifères et autres vertébrés ou invertébrés, ainsi que sur des algues, des champignons, des lichens, des arbres et des plantes. De l’Antiquité avec Hippocrate, jusqu’au Moyen Âge avec la tradition des sorcières et des guérisseurs, ces sciences vont se développer entre guérison et empoisonnement, entre découverte et ignorance, pour arriver à la médecine moderne d’aujourd’hui. Nous continuons à rechercher sur les estrans des massifs coralliens, au fond des océans, et sur la canopée amazonienne, la nouvelle molécule ou toxine qui soignera le cancer. L’intégralité du monde vivant sécrète l es solutions à nos problèmes, de même qu’il nous nourrit, depuis près de quatre millions d’années.

La Morelle Les plus utilisées, car très souvent comestibles et faciles d’accès, sont les plantes communes de nos plaines et de nos montagnes, de nos prairies et de nos forêts. Elles proposent aux hommes un panel de propriétés chimiques et médicinales tellement vaste que cela mériterait de réaliser un ouvrage sur cette seule thématique. La plaine des Landes de Gascogne a particulièrement été sensible à ce phénomène, puisque cette contrée hostile et sauvage imposait aux hommes un mode de vie quasi-autarcique. Depuis les druides gaulois jusqu’aux sorcières landaises, la région fut en proie à des pratiques culturelles proches de certaines sociétés tribales plus exotiques. Souvent dénommées « herbes aux sorcières » ou « potion du druide », ces plantes utilisées par le passé sont aujourd’hui employées en pharmacopée et en traitement de maladies spécifiques. Les plus connues – le datura, la Grande Ciguë, la mandragore, la belladone, la Jusquiame noire, la Morelle noire, la Digitale pourpre et l’If commun – sont les plus toxiques et dangereuses. La plupart de ces plantes font partie de la célèbre famille des solanacées, dont la patate et la tomate, ramenées du continent américain, en sont les deux seules comestibles. Beaucoup d’autres plantes, dites rudérales (au bord des chemins), sont utilisées dans de nombreux médicaments. Si certains alcaloïdes sont dangereux pour l’homme, comme la spartéine du genêt, certaines fleurs pourraient tout à fait être utilisées en décoction ou infusion, comme du thé. La Fumeterre officinale, cette plante précoce assez commune sur la presqu’île, est utilisée pour traiter des affections de la bile et du foie, et purifie le sang. Le Mouron rouge est utilisé pour les traitements de maladies respiratoires. La Verge d’or soigne les problèmes hépatiques et les calculs rénaux, en infusion. La Fougère polypode, en tisane, devient un laxatif doux, vermifuge, également utilisé en bain pour soigner les plaies. L’oseille, riche en vitamines C et en acide oxalique, possède autant d’utilités pratiques que médicinales. Les épis floraux de la Bruyère callune s oulagent, en infusion, les rhumatismes, l’arthrite et l’insomnie. Une décoction de fleurs fraîches, ou séchées, de Millepertuis perforé, aux propriétés antispasmodiques, expectorantes et digestives, soigne l’incontinence nocturne et les maux d’estomac. Les fruits du fenouil rentrent dans les composants de calmants contre les coliques infantiles. Les fleurs et les feuilles séchées du Bouillon blanc calment, en tisane, l’asthme, la toux, les angines et les bronchites. Ces vertus thérapeutiques doivent être prises très au sérieux, et il est fortement déconseillé de jouer à l’apprenti sorcier, au risque de confondre les espèces, ou d’utiliser la mauvaise partie de la plante. En effet, certaines plantes sont comestibles à l’état de pousse, mais toxiques une fois adultes. D’autres possèdent des feuilles aux propriétés thérapeutiques, mais des fruits toxiques. La maîtrise des remèdes de grand-mère est une science précise et dangereuse, vieille comme le monde, et méritant un long apprentissage.

Fruit du Datura Les champignons associés aux arbres par leurs mycéliums, dont les carpophores ("fruits" des champignons) embellissent nos forêts, sont souvent comestibles, mais difficiles à identifier. Ils proposent en tout cas un mets gustatif supplémentaire pour la faune locale. Voici quelques champignons comestibles à reconnaître dans nos forêts: Lactaire délicieux ou catalan (Lactarius deliciosus), Tricholome équestre ou bidao, chanterelle ou girolle (Cantharellus cibarius), coulemelle (Macrolepiota procera), Cèpe de pin ou Bolet jaune ( Suillus luteus), Bolet bai (Xerocomus badius) et Cèpe de Bordeaux (Boletus edulis).

Fruit du Datura Il est déconseillé de manger des bidaos régulièrement ou en trop grande quantité, au risque d’une intoxication. La Vesse de loup perlée (Lycoperdon perlatum), dont les spores sont astringentes, était utilisée par les pasteurs landais qui en mettaient sur les blessures des moutons. L’Amanite tue-mouches (Amanita muscaria), vénéneuse aux propriétés hallucinogènes, était utilisée dans de nombreuses traditions européennes. Elle contient de l’acide ibérique légèrement insecticide, largement employé depuis le Moyen Âge pour tuer les mouches. L’Amanite phalloïde (Amanita phalloïdes), la plus dangereuse, est à l’origine de la majorité des décès par ingestion de champignons, en Europe.

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