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Les plus utilisées, car très souvent comestibles et faciles d’accès, sont
les plantes communes de nos plaines et de nos montagnes, de nos prairies et de nos forêts.
Elles proposent aux hommes un panel de propriétés chimiques
et médicinales tellement vaste que cela mériterait de réaliser
un ouvrage sur cette seule thématique. La plaine des Landes de Gascogne a
particulièrement été sensible à ce phénomène,
puisque cette contrée hostile et sauvage imposait aux hommes un mode de vie
quasi-autarcique. Depuis les druides gaulois jusqu’aux sorcières landaises,
la région fut en proie à des pratiques culturelles proches de
certaines sociétés tribales plus exotiques. Souvent dénommées «
herbes aux sorcières » ou « potion du druide »,
ces plantes utilisées par le passé sont aujourd’hui
employées en pharmacopée et en traitement de maladies spécifiques.
Les plus connues – le datura, la Grande Ciguë, la mandragore, la belladone, la
Jusquiame noire, la Morelle noire, la Digitale pourpre et l’If commun –
sont les plus toxiques et dangereuses. La plupart de ces plantes font partie
de la célèbre famille des solanacées, dont la patate et
la tomate, ramenées du continent américain, en sont les deux
seules comestibles. Beaucoup d’autres plantes, dites rudérales
(au bord des chemins), sont utilisées dans de nombreux médicaments.
Si certains alcaloïdes sont dangereux pour l’homme, comme la
spartéine du genêt, certaines fleurs pourraient tout à
fait être utilisées en décoction ou infusion, comme du
thé. La Fumeterre officinale, cette plante précoce assez
commune sur la presqu’île, est utilisée pour traiter
des affections de la bile et du foie, et purifie le sang. Le Mouron rouge
est utilisé pour les traitements de maladies respiratoires. La
Verge d’or soigne les problèmes hépatiques et les calculs rénaux,
en infusion. La Fougère polypode, en tisane, devient un laxatif doux,
vermifuge, également utilisé en bain pour soigner les plaies. L’oseille,
riche en vitamines C et en acide oxalique, possède autant d’utilités
pratiques que médicinales. Les épis floraux de la Bruyère callune s
oulagent, en infusion, les rhumatismes, l’arthrite et l’insomnie.
Une décoction de fleurs fraîches, ou séchées, de
Millepertuis perforé, aux propriétés antispasmodiques,
expectorantes et digestives, soigne l’incontinence nocturne et les
maux d’estomac. Les fruits du fenouil rentrent dans les composants
de calmants contre les coliques infantiles. Les fleurs et les feuilles
séchées du Bouillon blanc calment, en tisane, l’asthme, la toux,
les angines et les bronchites. Ces vertus thérapeutiques doivent être
prises très au sérieux, et il est fortement déconseillé
de jouer à l’apprenti sorcier, au risque de confondre les espèces,
ou d’utiliser la mauvaise partie de la plante. En effet, certaines plantes sont
comestibles à l’état de pousse, mais toxiques une fois adultes.
D’autres possèdent des feuilles aux propriétés thérapeutiques,
mais des fruits toxiques. La maîtrise des remèdes de grand-mère est une
science précise et dangereuse, vieille comme le monde, et méritant un long apprentissage.
Les champignons associés aux arbres par leurs
mycéliums, dont
les carpophores ("fruits" des champignons) embellissent nos forêts,
sont souvent comestibles, mais difficiles à identifier. Ils proposent en tout
cas un mets gustatif supplémentaire pour la faune locale. Voici quelques
champignons comestibles à reconnaître dans nos forêts:
Lactaire délicieux ou catalan (Lactarius deliciosus), Tricholome
équestre ou bidao, chanterelle ou girolle (Cantharellus cibarius),
coulemelle (Macrolepiota procera), Cèpe de pin ou Bolet jaune (
Suillus luteus), Bolet bai (Xerocomus badius) et Cèpe de Bordeaux
(Boletus edulis).
Il est déconseillé de manger des
bidaos régulièrement ou en trop grande quantité,
au risque d’une intoxication. La Vesse de loup perlée
(Lycoperdon perlatum), dont les spores sont astringentes, était
utilisée par les pasteurs landais qui en mettaient sur les
blessures des moutons. L’Amanite tue-mouches (Amanita muscaria),
vénéneuse aux propriétés hallucinogènes, était
utilisée dans de nombreuses traditions européennes. Elle
contient de l’acide ibérique légèrement
insecticide, largement employé depuis le Moyen Âge pour
tuer les mouches. L’Amanite phalloïde (Amanita phalloïdes),
la plus dangereuse, est à l’origine de la majorité
des décès par ingestion de champignons, en Europe.
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