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Un pin maritime sur dune

Un stockage de bois coupé en forêt

Les yukas en bordure de dunes

Les vasières: une biomasse importante

La vase est un habitat hostile où peu d’espèces vivent, mais en grand nombre; c’est un sédiment, comme le sable et l’argile, dont les grains sont beaucoup plus fins et se collent entre eux, s’agglutinant avec l’eau pour former un sol quasi hermétique. La vie animale s’y concentre dans les dix premiers centimètres, là où l’oxygène est encore accessible. Dessous, les bactéries évoluent en anaérobie (sans oxygène), et recrachent de l’ammoniac et de l’hydrogène sulfuré, donnant aux vases cette odeur caractéristique qu’on leur connaît. Les oiseaux ne sont pas dupes, ils savent que derrière cette odeur se trouve le festin tant attendu, et les nombreux limicoles – petits échassiers de rivage – viennent tout au long de l’année se nourrir à chaque marée basse.

Des vasières Grâce à des pattes et à un bec adaptés pour fouiller dans la vase, les limicoles viennent au début du montant et à la fin du descendant chasser leurs proies. Telle une chasse aux trésors, ils cherchent activement, se régalant de nombreux mollusques, de vers de vase et de petits crustacés. On compte parmi ces limicoles de nombreux bécasseaux, tournepierres et gravelots, présents pratiquement toute l’année. Si à table c’est chacun pour soi, tout ce monde se retrouve, à marée haute, pour le repos; les limicoles se regroupent les uns contre les autres – toutes espèces confondues – sur les plages calmes. Ils profitent ainsi de leur nombre pour surveiller l’arrivée d’éventuels prédateurs, et protéger des dangers l’ensemble de la colonie. Parfois installés sur les « pîgnots » autour des parcs à huîtres, ou sur des chalands, ils sont faciles à observer avec une paire de jumelles. Ils se retrouvent aux côtés des Mouettes rieuses et des Goélands leucophées, pendant que le Grand cormoran fait sécher ses ailes, humides de sa dernière plongée.

Il est possible de surprendre des vols de Courlis cendrés*, mais il est plus difficile de voir, aux alentours du Cap, la superbe Echasse blanche ou l’Avocette élégante, de passage en migration. Ces dernières se posent plus facilement dans les zones endiguées et humides du fond du Bassin, à proximité du delta de la Leyre. D’autres oiseaux marins, de plus gros gabarit, viennent élever leurs petits et « brouter » les Zostères naines qui poussent sur la vase. Cette petite plante aquatique, de courte taille et aplatie, constitue la principale nourriture de certaines espèces. C’est elle qui, à marée basse, sur ces estrans sablo vaseux, donne aux vasières des teintes et des reflets verts, témoins de la présence de la chlorophylle.

Vol de canards Pilets Le Bassin d’Arcachon est l’un des plus grands herbiers à zostères d’Europe; il bénéficie ainsi de la présence régulière de nombreux canards, oies et cygnes. Les zostères sont d’une importance capitale pour la biodiversité; elles se positionnent à la base de la chaîne alimentaire, comme l’herbe de nos prairies. C’est la raison pour laquelle de nombreuses Bernaches cravants – petites oies sombres au croupion blanc – nous arrivent de Sibérie pour passer l’hiver, sur cette lagune nourricière. Elles hivernent plusieurs mois, reprenant des forces, dans l’attente du grand retour vers la toundra sibérienne, pour la prochaine nichée. Jusqu’à 40000 individus peuvent venir, et d’énormes vols de bernaches remplissent le ciel arcachonnais quand elles partent s’alimenter autour de l’Île aux Oiseaux ou se reposer devant le Moulleau.

A marée haute, ce sont les poissons et toute la faune sous-marine qui viennent à leur tour se régaler des zostères ou fouiller dans la vase. Les vasières constituent donc un énorme habitat et un gigantesque garde-manger, fondamental pour la biomasse et la biodiversité du Bassin d’Arcachon.

Deux phénomènes posent problème sur le bas des prés salés: une graminée, la « spartine » – un hybride plus tenace que l’espèce locale – tend à former des îlots compacts, fixant de ce fait les sédiments ; la « lige » – un mélange d’algues filamenteuses – se développe pendant la belle saison, sous le soleil estival, grâce à un surplus de nitrate déversé dans le Bassin. Cet « agglomérat végétal » retombe sur les vasières à chaque marée et, comme une moquette posée sur la vase, empêche l’air de circuler et asphyxie la vie animale.

* Courlis cendré: le plus grand limicole d'Europe au long bec recourbé vers le sol.

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la riche végétation autour du Bassin

Représentation de la végétation riche

Les nombreuses herbes sauvages

Des empreintes représentatives de la faune locale