Vous êtes ici : Accueil > Les différents écosystèmes > Les vasières: une biomasse importante
Grâce à des pattes et à un bec adaptés pour fouiller dans la
vase, les limicoles viennent au début du montant et à la fin du descendant
chasser leurs proies. Telle une chasse aux trésors, ils cherchent activement,
se régalant de nombreux mollusques, de vers de vase et de petits crustacés.
On compte parmi ces limicoles de nombreux bécasseaux, tournepierres et gravelots,
présents pratiquement toute l’année. Si à table c’est
chacun pour soi, tout ce monde se retrouve, à marée haute, pour le repos;
les limicoles se regroupent les uns contre les autres – toutes espèces confondues –
sur les plages calmes. Ils profitent ainsi de leur nombre pour surveiller
l’arrivée d’éventuels prédateurs, et protéger des
dangers l’ensemble de la colonie. Parfois installés sur les «
pîgnots » autour des
parcs à huîtres, ou sur des chalands,
ils sont faciles à observer avec une paire de jumelles. Ils se retrouvent
aux côtés des Mouettes rieuses et des Goélands leucophées,
pendant que le Grand cormoran fait sécher ses ailes, humides de
sa dernière plongée.
Il est possible de surprendre des vols de Courlis cendrés*, mais il
est plus difficile de voir, aux alentours du Cap, la superbe Echasse blanche
ou l’Avocette élégante, de passage en migration. Ces
dernières se posent plus facilement dans les zones endiguées
et humides du fond du Bassin, à proximité du delta de
la Leyre.
D’autres oiseaux marins, de plus gros gabarit, viennent élever
leurs petits et « brouter » les Zostères naines qui poussent
sur la vase. Cette petite plante aquatique, de courte taille et aplatie,
constitue la principale nourriture de certaines espèces. C’est
elle qui, à marée basse, sur ces estrans sablo vaseux, donne
aux vasières des teintes et des reflets verts, témoins de la
présence de la chlorophylle.
Le Bassin d’Arcachon est l’un des plus grands
herbiers à zostères
d’Europe; il bénéficie ainsi de la présence
régulière de nombreux canards, oies et cygnes.
Les zostères sont d’une importance capitale pour la biodiversité;
elles se positionnent à la base de la chaîne alimentaire, comme l’herbe
de nos prairies.
C’est la raison pour laquelle de nombreuses Bernaches cravants –
petites oies sombres au croupion blanc – nous arrivent de Sibérie
pour passer l’hiver, sur cette lagune nourricière. Elles
hivernent plusieurs mois, reprenant des forces, dans l’attente du
grand retour vers la toundra sibérienne, pour la prochaine nichée.
Jusqu’à 40000 individus peuvent venir, et d’énormes vols
de bernaches remplissent le ciel arcachonnais quand elles partent s’alimenter
autour de l’Île aux Oiseaux ou se reposer devant le Moulleau.
A marée haute, ce sont les poissons et toute la faune sous-marine qui viennent à leur tour se régaler des zostères ou fouiller dans la vase. Les vasières constituent donc un énorme habitat et un gigantesque garde-manger, fondamental pour la biomasse et la biodiversité du Bassin d’Arcachon.
Deux phénomènes posent problème sur le bas des prés salés: une graminée, la « spartine » – un hybride plus tenace que l’espèce locale – tend à former des îlots compacts, fixant de ce fait les sédiments ; la « lige » – un mélange d’algues filamenteuses – se développe pendant la belle saison, sous le soleil estival, grâce à un surplus de nitrate déversé dans le Bassin. Cet « agglomérat végétal » retombe sur les vasières à chaque marée et, comme une moquette posée sur la vase, empêche l’air de circuler et asphyxie la vie animale.
* Courlis cendré: le plus grand limicole d'Europe au long bec recourbé vers le sol.
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