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Représentation de la plaine des Landes de Gascogne

Le delta de la Leyre lors de sa formation

Visuel d'alios

La transgression Flandrienne

La période glacière se termine, le climat se réchauffe et tous les paysages se transforment. Une nature plus clémente s'épanouit, de nouveaux écosystèmes apparaissent, un environnement moins hostile se met en place, et l'homme va apprendre à définitivement le maîtriser.

Aquitaine occidentale, plaine des Landes de Gascogne, d'après P.-J. Labourg sur carte IGN. Un des premiers et principaux bouleversements qui contribua en grande partie au remodelage de notre littoral est la fonte des glaces avec la montée des océans. A la fin du Paléolithique, l'océan Atlantique va progresser à l'intérieur des terres, sur plusieurs kilomètres, par rapport au trait de côte actuel: c'est la transgression flandrienne. Cette progression a commencé il y a près de 10000 ans et va subir plusieurs fluctuations directement liées aux variations climatiques.

Il y a environ 5000 ans et 3000 ans l'océan va progresser puis redescendre à plusieurs reprises, laissant sur le littoral de nombreux sédiments d'origine fluviatile, dont de grandes quantités de sable sous forme de dunes. Ces deux systèmes dunaires naturels successifs ont été appelés « dunes paraboliques ou anciennes » (-5000 ans) et « dunes barkhanes ou modernes »* (-3000 ans). AliosAu cours de la dernière phase de la transgression flandrienne, l'océan est remonté jusqu'à 3,50 mètres au-dessus du niveau actuel. De -3000 jusqu'à notre ère, il régresse à nouveau à deux reprises, vers - 2275 et -960, pour revenir ensuite à l'état présent. Les dunes naturelles accumulées empêchent tous les petits cours d'eau de pouvoir se déverser dans la mer; l'eau douce ainsi bloquée va participer à la formation des étangs médocains et landais. Les eaux vont naturellement s'écouler vers le sud, derrière le système dunaire, pour se déverser au nord de l'actuel Bassin d'Arcachon. Ces étangs vont stocker énormément d'eau pour former de grands lacs entourés de zones marécageuses. Chaque hiver, les eaux de ruissellement, retenues en partie par l'alios, se rajoutent et augmentent le phénomène. Un immense lac, « l'étang doux du Médoc », s'imposa dans tout le nord du département, tandis qu'à Sanguinet, dans les Landes, les villages gaulois et gallo-romains seront noyés et déplacés à plusieurs reprises, pour se retrouver aujourd'hui immergés sous le lac de Cazaux.

* Il est aujourd'hui encore possible de voir ces dunes naturelles laissées par la montée des eaux. Les plus anciennes sont visibles depuis l'observatoire de la Réserve naturelle de l'étang de Cousseau au nord de Lacanau, où l'on reconnaît bien leurs formes. On peut aussi se promener sur une de ces dunes plusieurs fois millénaires dans la « Forêt usagère de La Teste » au niveau de la « dune de la grande montagne » et de la « dune de la Truque ». Pour les Barkhanes, il suffit de monter sur la dune du Pilat ou de visiter les villages ostréicoles de la presqu'île de Lège-Cap Ferret, dont la plupart sont protégés par des dunes modernes, aujourd'hui boisées et fixées. La route de la Vigne avant d'arriver au Cap Ferret en est un parfait exemple.

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