En parallèle,
le trait de côte a, lui aussi,
tendance à reculer face à
l’érosion marine importante
et régulière. Ainsi, en
Aquitaine, la côte recule d’un à
cinq mètres par an, de même que la dune du
Pilat. Il suffit, pour s’en rendre compte, d’observer
les blockhaus du « Mur de l’Atlantique », qui
avaient été positionnés en haut des dunes, à
deux cents mètres de la mer; ils n’ont
jamais vraiment bougé et se retrouvent maintenant
les pieds dans l’eau. On revient vers un schéma
se rapprochant de la période gallo-romaine, où
le climat était plus chaud et la mer montait à
un mètre et demi au-dessus du niveau actuel.
Après la Seconde Guerre mondiale,
une reprise intensive de l’érosion éolienne, en
l’absence de dunes fixées, accéléra l’avancée
des sables sur la façade atlantique. Quand on
sait qu’un vent de quarante-cinq kilomètres
heure déplace trois cent grammes de sable par
mètre cube, on peut tout à fait imaginer les
quantités de grains fouettant l’air, quand il
souffle à cent quatre-vingt-huit kilomètres
heure*. En 1953, après trois jours de
tempête, « la Maison de la mutuelle des
enfants du spectacle », à côté de l’actuel
rond point du sémaphore au Cap Ferret, fut
en grande partie ensablée. Aujourd’hui, ce
bâtiment est complètement enseveli sous les
dunes.
On constate à présent que c’est l’érosion
marine qui pose des problèmes. En effet,
suite à l’effondrement
du « quai des courlis » à la
pointe de la presqu’île – le 27 décembre 2000,
en pleine nuit –, toute une plage a disparu,
avalée par les eaux, lors d’un glissement de terrain.
Quand, après la tempête,
le soleil revenu se réfléchit sur ces longues
plages de sable fin, on oublie vite la dynamique de ces lieux et
la puissance des éléments qui les régissent.
* Enregistré au sémaphore du Cap Ferret pendant la tempête de décembre 1999.
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