Le Bassin d’Arcachon constitue la limite sud de leur migration; depuis
quelques années, la population de bernaches augmente pour atteindre
une moyenne annuelle de quarante mille individus. Les arrivées et
les départs sont étalés de novembre à février,
avec un pic de fréquentation de décembre à janvier. Comme
les cygnes, elles viennent – à la marée descendante et jusqu’au
montant – consommer principalement les zostères disponibles sur les vastes
vasières du Bassin. Entre bancs de sable et chenaux – « remises »
et « zones de gagnage » – les bernaches nous offrent, tous les jours et à
plusieurs reprises, leurs vols majestueux et impressionnants de milliers d’individus.
Suite à une épizootie de la zostère, l’espèce a
failli disparaître dans les années 1930, chutant à vingt mille individus.
Protégée en France depuis le 5 avril 1962, la population mondiale se stabilise
vers 1980, jusqu’à deux cent mille individus.
Aujourd’hui, les effectifs européens évoluent selon le rythme alimentaire
de l’un des principaux prédateurs de la bernache, le Renard polaire. Le renard
chasse habituellement des lemmings, un petit rongeur des steppes sibériennes,
similaire à un campagnol, qui voit ses populations se réduire considérablement
d’une année sur l’autre. Alors, en manque de nourriture, le renard se rattrape
sur les jeunes bernaches de l’année.
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