[Revenir à l'habillage précédent] [Imprimer]

Balade naturaliste au coeur du Bassin d'Arcachon

Les champignons et les insectes dans la forêt

Les champignons, relativement communs dans les nombreux jardins boisés et dans la pinède, se ramassent un peu partout sur le Bassin d’Arcachon. La présence des chênes, mélangés aux pins, offre une plus grande diversité; les plus recherchés, les cèpes, y sont relativement abondants. Vers la pointe du Cap Ferret, ces derniers se font plus rares, de par l’uniformité de la pinède et l’absence de chênes, excepté les Cèpes de pin, plus gras et moins appréciés. Nombre d’entre eux sont comestibles, mais attention, d’autres peuvent être très dangereux. Certains poussent directement sur des souches ou sur des troncs d’arbres; souvent impropres à la consommation, on les employait autrefois différemment. Un des plus impressionnants par son gabarit, le Polypore amadouvier, voyait son carpophore (le fruit du champignon) utilisé comme combustible (l’amadou) ou dans la confection de chapeaux pour des effets d’habillement.

Nid de chenilles processionnaires Les plantes, les champignons et les pins, vont abriter de nombreux insectes, dont certains sont xylophages, comme les termites, les charançons, les scolytes et les larves du grand capricorne, qui se régalent du bois. La plus grosse fourmi européenne, la Fourmi charpentière, colonise de grosses souches de pin, sous le regard avisé des cigales, camouflées le long des troncs pour se nourrir de la sève. Le Mélampyre des prés, une plante semi parasite, assez commune, abrite un papillon – le Mélité du mélampyre – qui ne peut survivre sans elle; il en est de même pour le pin, avec sa célèbre Chenille processionnaire. Chacun garde en mémoire ces longues files indiennes de chenilles colorées, qui descendaient des pins pour venir faire leurs chrysalides sous le sable. Les pinèdes sont des forêts suffisamment ensoleillées pour réchauffer le sol et permettre aux chenilles de se métamorphoser. Elles deviennent papillons pour assurer la reproduction et ensuite mourir à la fin de l’été. Ses poils urticants positionnés sur toute la partie supérieure du corps la protègent des prédateurs. Le contact de ses poils invisibles et volatiles, agresse notre peau, qui laisse apparaître de grosses boursouflures irritantes. Pour certaines personnes allergiques, les réactions peuvent êtres rapidement plus inquiétantes. Face au tourisme, et la population locale se développant, il fallut trouver une solution pour le confort de tous. Les chenilles ont alors régulièrement été parasitées par un bacille (Bacilius turinginsis) répandu par hélicoptère. Leurs populations ont considérablement diminué, au grand désarroi de la Mésange charbonnière qui s’en régale.

Un balai de sorciere Tous les champignons et les insectes parasites de la pinède, dont nous n’avons pas parlé, participent à développer des maladies qui présentent aujourd’hui, avec les incendies, les principales menaces pour la forêt. Par l’uniformité de la forêt des landes, ces épidémies se propagent et se développent rapidement. En effet, le Pin maritime, très sensible aux maladies cryptogamiques, développe des symptômes, dont certains sont faciles à reconnaître, comme les « balais de sorcière », qui forment des amas concentrés d’épines de pins souvent sphériques, positionnés sur les branches. Ces derniers sont le résultat de l’attaque d’un champignon qui crée un développement anarchique des cellules. La « maladie du rond » et la « fumagine », vont ralentir la croissance des différentes essences forestières, et si l’arbousier résiste à la fumagine, d’autres fragilisés finiront par mourir.

Thèmes connexes :

puce relative à la rubrique viséeUne jeune forêt protectrice

puce relative à la rubrique viséeUne grande forêt de production