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Balade naturaliste au coeur du Bassin d'Arcachon

Les différentes espèces sous-marines

Les éponges

Eponge pinceau existent depuis près de 500 millions d’années, et seraient les premiers être vivants pluricellulaires présents au fond des océans; de l’embranchement des spongiaires (spongos: éponge), ces animaux immobiles vivent en eau douce et dans toutes les mers du globe. Il en existe de nombreuses espèces, présentes à toutes les profondeurs. Ces organismes primitifs filtrent l’eau en provoquant un courant inhalant au travers de leurs pores, et prennent ainsi au passage les particules nutritives. Une des plus intéressantes du Bassin d’Arcachon est l’Eponge pinceau; assez grande et effilée, elle est placée face aux courants, et participe à fixer les sédiments et à nettoyer les eaux.

Les cnidaires

L'hydre (cnide: ortie) sont apparus lors de l’explosion de la vie au Cambrien, il y a 300 millions d’années; ils sont les premiers à développer un comportement animé en inventant le muscle et le système nerveux. Tous prédateurs et carnivores, ils regroupent les méduses, les anémones, les coraux, les gorgones et les hydres. Fixés sur un support, en colonie ou solitaires, certains peuvent fuir devant les prédateurs; mais seules les méduses se déplacent en permanence, se laissant porter par les courants. Le Gulf Stream transporte chaque année différentes espèces, dont la plus familière – celle que l’on retrouve échouée sur les plages du Bassin – est l’aurélie (Aurelia aurita); facile à identifier grâce à sa taille imposante, on reconnaît ses organes digestifs en forme de quatre cercles, visibles par transparence sur le dessus de l’animal. Les cnidaires possèdent des cellules urticantes leur permettant de se défendre et de paralyser leurs proies. Les anémones sont les plus communes dans le Bassin d’Arcachon.

Les ascidies

Ascidie coloniale (ascos: sac), de l’embranchement des tuniciers (tunica: tunique), sont des animaux en forme de sac; ils sont les plus apparentés aux vertébrés, puisque leurs larves possèdent une corde dorsale comme celle des poissons, qui est l’ancêtre de la colonne vertébrale. Ils ont également un cerveau primitif, malgré l’absence de cellules sensorielles. Adulte, le corps est enveloppé par une tunique, laissant deux siphons ouverts sur l’extérieur, l’un buccal et l’autre cloacal; l’animal se nourrit ainsi du plancton, en restant immobile, fixé sur un support. Les ascidies, souvent solitaires, sont relativement communes dans les eaux du Bassin; d’autres comme les clavelines (Clavelina lepadiformis), une espèce originale qui forme des colonies en bouquet d’une vingtaine d’individus, se démarquent par leur transparence et leur tunique translucide de 3 cm de haut.

Les échinodermes

Etoile de mer et ponte de nasse sur Zostère marine (echinos: oursin; derma: peau), sont des animaux essentiellement marins, inexistants en eau douce et ne supportant pas les eaux saumâtres. Ils regroupent les étoiles de mer, les ophiures, les oursins et les holothuries, et possèdent tous un squelette calcaire. Les étoiles de mer sont de redoutables prédateurs, capables de se déplacer, d’ouvrir des bivalves et de reconstituer un de leurs membres amputés. Les oursins, connus pour leurs longues épines, sont plutôt brouteurs et sédentaires. Souvent consommés par les hommes, ce qui n’est pas le cas autour du Bassin d’Arcachon, ils sont pêchés un peu partout sur la planète, notamment en Méditerranée. L’Oursin de sable (Echinocardium cordatum), en permanence enfoui dans le sable, peut vivre jusqu’à près de dix années; il est recouvert d’une fourrure d’épines jaunes, lui permettant de s’enfouir rapidement sous les sédiments. Les holothuries (dont Holothuria forskali) ne respectent pas la forme en étoile à cinq branches de leurs congénères. Ces organismes ressemblent à des « concombres de mer » sombres, quasi immobiles sur le fond des océans. Plus communs sous des latitudes tropicales, ils sont microphages, filtreurs, ou consommateurs de déchets, et participent de ce fait à nettoyer les eaux.

Les vers

Sabelle sont divisés en plusieurs groupes, et se retrouvent partout dans le milieu naturel. Très souvent cachés sous le sable, dans la roche ou menant une vie de parasite, ils sont relativement nombreux. C’est pourquoi nous nous intéressons, ici, seulement aux annélides (annulus: anneau) polychètes libres ou sédentaires. Les premiers sont la cible des pêcheurs à la ligne, qui les récoltent sur les estrans sablo-vaseux à marée basse, pour les utiliser comme appâts. En effet, les arénicoles (Arenicola marina) creusent des galeries dans le sable – comme les lombrics terrestres – en ingurgitant les sédiments afin de digérer les particules nutritives, avant de tout rejeter derrière. Ils laissent ainsi sur le sol des tas de sédiments digérés en forme de « spaghettis » facilement reconnaissables; ils sont très appréciés par les limicoles et les poissons qui s’en régalent chacun leur tour, en fonction des marées. Les vers sédentaires font plutôt le bonheur des plongeurs, en présentant un panache plumeux et coloré, formé par de longs tentacules. On rencontre les vers spirographes (Spirographis spallanzanii) – les plus grands avec 30 cm de long et une couronne branchiale à plusieurs étages – ainsi que la Sabelle paon (Sabella pavonina), aux couleurs allant du rouge sombre au blanc crème.

Les arthropodes

Crabe enragé sur crabe chinois (arthron: articulation; podos: pied) constituent l’un des plus grands embranchements du règne animal. Représentés par les insectes et les araignées sur les continents, ils comprennent les crustacés (crusta: croûte) dans le monde sous-marin. Depuis très longtemps, ils sont nombreux, partout dans le monde, à être pêchés et consommés par les hommes. Après avoir dominé le monde bien avant la naissance des dinosaures, ils ont colonisé toutes les niches écologiques depuis près de 300 millions d’années, grâce à une grande capacité d’adaptation. Ils entrent dans la composition d’une grande partie du zooplancton, et prennent une place essentielle dans les écosystèmes sous-marins. Protégés par une carapace de calcaire ou de chitine, comme les insectes, ils participent eux aussi à nettoyer les océans des déchets organiques. Les plus connus, les crabes et les crevettes, sont assez communs dans les herbiers et les enrochements, notamment dans le « trou d’Hortense », où l’on peut observer des homards (Homarus gammarus) et des tourteaux (Cancer pagurus). La puce de mer – talitre (Talitrus saltator) –, l’Anatif pousse pied (Pollicipes pollicipes) et le Bernard-l’ermite (Pagurus bernhardus) sont également des crustacés.

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