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Balade naturaliste au coeur du Bassin d'Arcachon

La faune en forêt

La pinède est une forêt artificielle et entretenue, dont l’acidité du sol et l’uniformité des pins réduisent la biodiversité. Même si cette forêt reste verte et accueillante toute l’année, il est difficile pour la faune locale, en l’absence de nourriture abondante, d’y passer l’hiver. Certes, les batraciens et les reptiles ont trouvé la solution en hibernant tranquillement jusqu’au printemps; mais les chevreuils, sangliers, renards, fouines et autres mammifères sont obligés de faire preuve d’opportunisme pour trouver l’énergie nécessaire à leur survie. C’est pourquoi il est facile, la nuit, de les surprendre aux abords des habitations, ou d’observer la journée les traces de leur passage.

Une martre Le sanglier, le plus facile à observer, laisse les bords de routes ou les ronds points complètement labourés après ses fouilles nocturnes. Les chevreuils, lapins et lièvres sortent au crépuscule pour venir brouter les graminées sur le bord des chemins. La fouine, plus courageuse, se rapproche des habitations, venant concurrencer les chats, avec lesquels on peut la confondre en pleine nuit, quand elle traverse furtivement les rues éclairées. Le blaireau, lui, se balade bruyamment à la recherche de toute nourriture disponible, malgré son gabarit imposant et ses couleurs bariolées. Le renard, plus discret, laisse seulement les traces de son passage, car, à l’image de sa réputation, il est plus difficile à surprendre. La redoutable martre, très similaire à la fouine, mais légèrement plus grande, est plus forestière et arboricole; il est difficile de pouvoir l’observer, seuls les écureuils dont elle est le principal prédateur en connaissent les effectifs.
Le putois, assez rare et beaucoup plus à l’aise dans les zones humides, chasse les batraciens, de nuit ; il se rapproche, par son mode de vie, du célèbre Vison d’Europe, que l’on trouve davantage vers les zones humides endiguées et les prés salés du Bassin d’Arcachon. Il ne laisse à personne le soupçon de sa présence, sauf pour le spécialiste au regard averti. La belette, la « mignonnette » de l’équipe, est tellement petite qu’elle peut se glisser dans un trou de mulot; elle est si discrète que l’on oublie même son existence. La superbe genette, de la famille des mangoustes, plutôt nocturne et arboricole, fuit les hommes, dont elle était dépendante par le passé; cet ancien animal domestique chassait les rats dans les châteaux à la fin du Moyen Âge. La majestueuse loutre, plus aquatique, nous laisse parfois les traces de ses très rares passages ; elle serait venue par le Bassin d’Arcachon, via la « Réserve naturelle des prés salés d’Arès/Lège » et le « canal des Etangs », depuis les lacs médocains.

De nombreux oiseaux animent les forêts, notamment à la plage de Suzette sur Lanton ainsi qu’au Réservoir de Piraillan sur la presqu’île de Lège-Cap Ferret où, depuis 1998, une trentaine de couples de hérons cendrés, et plusieurs couples d’Aigrettes garzettes (soixante en 2004), sont venus les rejoindre et nicher aux sommets des pins. D’autres oiseaux, plus discrets que les deux échassiers en nidification, se cachent dans les bois. A partir du printemps, à l’annonce du coucou, les éperviers, palombes et tourterelles animent les cimes de la pinède; pendant que l’engoulevent d’Europe, la chouette hulotte et la chouette effraie accompagnent tout au long de la nuit les grillons et les courtilières, par leurs chants nocturnes.

Thèmes connexes :

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