Brémontier, un ingénieur des
Ponts-et-Chaussées, s’intéressa
de plus près à la fixation des dunes
atlantiques. Il reprit différentes études déjà réalisées
sur les problèmes de progression du sable, et
les solutions envisageables. Il commença ses
travaux à partir de 1780, en s’inspirant
des études de Charlevoix de Villers, de Guillaume
Desbiey, et de son partenaire Peyjehan de Francon. Il
fit ses premiers essais de 1782 à 1787 à
la Teste, et au niveau de Piraillan sur la presqu’île
de Lège-Cap Ferret, avant d’être stoppé
par les troubles de la Révolution française.
A partir de 1817, les chantiers reprirent
sous l’administration des Ponts-et-Chaussées,
puis celle des Eaux et Forêts en 1862.
Sur la presqu’île de Lège-Cap
Ferret, les semis de pins commencèrent dès 1828,
et il fallut une quarantaine d’années pour la stabiliser.
Les travaux de fixation des dunes restent simples mais conséquents.
Cet immense chantier va faire venir de la main d’œuvre, dont
la majorité arrive des régions voisines.
On aménagea alors des dunes artificielles faisant
front aux vents dominants, pour stopper et stocker le
sable en utilisant des végétaux adaptés à
ce milieu pauvre et mouvant. En effet, en observant la flore locale,
on constate qu’elle est appropriée aux conditions
difficiles qu’imposent le sable, le vent, le sel et la
chaleur. L’oyat ou « gourbet » (Ammophila arenaria),
est une graminée qui se complaît dans un sable très
mobile, où il retrouve tous les paramètres favorables à
son développement. Faisant face aux vents il arrête le sable,
qui s’accumule au pied de la plante. Plus elle est ensablée,
plus elle se développe, et sa racine (son rhizome) se dédouble
pour former une nouvelle pousse, tel un bambou qui colonise un jardin.
Dans un premier temps, il fallut donc créer des dunes embryonnaires,
par le biais de palissades en bois installées face au vent, et planter
des oyats sur le versant océanique. On sema ensuite des graines de pin,
de genêt et d’ajonc en arrière dune, pour former une forêt
de protection entre les nouvelles dunes artificielles et les villages.
Aujourd’hui, c’est l'Office National des Forêts qui a
la charge d’entretenir, de surveiller et de gérer la plus grande
partie des dunes littorales d’Aquitaine, ainsi que la forêt domaniale.
Et cela, contre l’érosion éolienne et la dégradation
humaine par le tourisme, en favorisant la faune et la flore pour la protection
des milieux et de la biodiversité.
Thèmes connexes :