La plaine des Landes de Gascogne, marécageuse,
est alors drainée dans un premier temps, par le
biais de grands fossés nommés « crastes »,
qui récupéraient les eaux de pluie et de ruissellement.
L’eau, ainsi récupérée
par les fossés, était évacuée
vers de grands canaux aménagés à cet
effet, et se déversait ensuite dans le Bassin d’Arcachon.
Il était en effet plus facile d’évacuer des lacs,
des étangs et des marais, le surplus d’eau vers le
Bassin d’Arcachon; cela permettait d’éviter la
lutte contre les sables atlantiques et les dunes littorales. Ces
canaux artificiels font aujourd’hui
partie du paysage, à l’exemple du « canal
des Etangs », où l’on trouve une nature
luxuriante et riche de rencontres, entre poissons, libellules,
oiseaux et mammifères. Ce dernier était l’ancien
tracé du « riou du Porge », une petite rivière
sinueuse qui se jetait dans le Bassin depuis les lacs médocains,
avant d’être re-profilée, de 1866 à 1871, en
un canal linéaire voué à désengorger « l’Etang
doux du Médoc », un énorme lac entouré de marais.
Une fois les marais irrigués et drainés, un bornage
fut réalisé par l’administration des Eaux et Forêts
pour délimiter les parcelles privées de celles de l’Etat.
Les parcelles furent ensuite distribuées aux anciens pasteurs,
aux communes et à l’Etat. Puis, l’Empereur, par
le décret de 1857, imposa à tous les nouveaux propriétaires
de planter du Pin maritime. Ce dernier pousse dans le sable, un sol relativement
pauvre, et boit beaucoup d’eau, tout en supportant les agressions
des éléments naturels. Il possède donc toutes les
adaptations et les qualités recherchées par les ingénieurs
pour être planté à la place des marais.
La plus grande forêt artificielle d’Europe fut ainsi plantée en quelques décennies, pour s’étendre sur près d’un million d’hectares. La région passe alors d’un paysage agro-sylvio-pastoral à une forêt et une sylviculture intensive. Napoléon III réussit à rendre fertiles, salubres et productifs, ces interminables marais. Au bout de quarante ans, la forêt devint productive, et le bois, acheminé par bateau, fut en partie utilisé comme poteaux de mines, dans le nord de la France et en Grande-Bretagne. On l’employa aussi comme traverses de chemins de fer ou en construction navale, ainsi que pour la réalisation d’habitations. On s’en servait également pour en faire des pilotis et des pavés de rue, car le pin se conserve relativement bien dans l’eau. Le reste du bois devenait matière première dans l’industrie de la pâte à papier, tandis que la résine était transformée en de nombreux produits industriels.
Thèmes connexes :
La fixation des dunes et la révolution industrielle