La montée des océans va d'abord former un estuaire
au niveau de l'embouchure de la Leyre. Les sables dunaires vont ensuite
ralentir le débit de la rivière et gêner son écoulement.
Les sédiments
se déposent pour former des îlots, et la Leyre se divise en plusieurs
bras. Petit à petit, l'estuaire de la Leyre devient un delta où la
rivière se divise en plusieurs canaux, aujourd'hui appelés chenaux
ou « estey ». Les dunes anciennes et modernes réussiront à détourner
ces chenaux vers le Sud, sans jamais réussir à les obstruer. Son nouvel
exutoire dans la mer traverse un large delta, puis s'oriente vers le
sud en formant une courbe, au lieu de continuer vers le nord en direction
de l'actuel Grand-Crohot. Les dunes naturelles laissées par l'océan ont
commencé une amorce de presqu'île de sable sur la rive nord du delta, en direction du sud.
Une fois la transgression flandrienne terminée, et le trait de côte stabilisé, d'énormes quantités de sable se sont accumulées sur le plateau continental. Tout au long de notre histoire, d'autres sédiments, entraînés par la fonte des neiges, vont continuer de se déverser dans la mer, par la Dordogne, la Garonne et leurs affluents, à la sortie de l'estuaire de la Gironde, plus au nord du département.
Le Gulf Stream est un courant chaud qui arrive des Caraïbes, en remontant vers le nord, à l'ouest de nos côtes. Ce courant réchauffe nos latitudes et nous évite des hivers plus froids ; il engendre un courant compensatoire qui descend vers le sud , par opposition au courant chaud qui, lui, remonte. Ce courant côtier, appelé « dérive littorale », déplace en permanence vers le sud jusqu'à 750000 tonnes de sable par an, en réalimentant toutes les plages. Le littoral est ensablé tout au long de la côte formant un cordon de plages rectilignes; sauf au niveau de la Leyre, où la dérive littorale et la houle atlantique, n'étant plus amorties par les plages, se rencontrent et s'opposent à son delta. Le sable arrive en masse et se dépose contre les dunes modernes au nord du delta, pour former une barrière de sable qui s'allonge vers le sud, poussant l'exutoire de la Leyre qui tend à se courber. Cette langue s'agrandira et s'allongera tout au long de notre histoire, et deviendra, en trois mille ans environ, la presqu'île de Lège-Cap Ferret.
Le Bassin d'Arcachon glisse légèrement vers le sud, sans jamais
se boucher. Essentiellement constitué de sédiments, il est, dans
sa globalité, en perpétuelle évolution. Le littoral bouge en
permanence sous l'influence de l'hydraulique. Pendant que la
presqu'île de Lège-Cap Ferret s'allonge, tout au long de notre
histoire, l'Ile aux Oiseaux se détache progressivement de la
rive sud du Bassin d'Arcachon, entre le XIIe et le XVIe siècle.
Au Moyen Âge, les courants ont creusé et détaché une presqu'île
au niveau de l'actuelle Arcachon sur la partie sud de la
« petite mer de Buch »*. Cernée par les chenaux et brassée
par les courants montants et descendants, cette
« presqu'île d'Arcachon » s'est séparée du continent pour se retrouver au centre du Bassin.
Constituée aux deux tiers de vasières, l'Ile aux Oiseaux s'étend aujourd'hui sur près de mille hectares, à marée basse. Cet îlot, où une partie de la population locale attrapait des canards, à l'aide de grands filets, « les tatch », tendus horizontalement au-dessus des vasières, a vu quelques décennies plus tard les premières concessions ostréicoles s'installer sur son estran.
* Le Bassin d'Arcachon est une lagune ouverte sur l'océan Atlantique. Tout au long de l'histoire des hommes qui l'ont peuplée, elle aurait eu plusieurs appellations, dont voici quelques exemples: la "petite mer d'Ignac", le "havre d'Arcasson", la "petite mer de Buch" et la "mer d'Arcachon". Aujourd'hui, il est souvent appelé communément "Le Bassin", suite au phénomène de mode des premiers bains de mer à partir du début du 19ème siècle, notamment sur Arcachon.
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